Centr’elles : le club féministe de Centrale Nantes est né !

Discussion avec Azélice, Lorène et Philo

Dans la famille des clubs nouveau-nés, je demande : Centr’elles !

Centr’elles est le club féministe de Centrale Nantes. Créé en novembre 2020, il regroupe aujourd’hui une vingtaine de membres.
A l’origine, rappelle Philo, le sujet de l’égalité Femmes/Hommes a surgi comme la première action du tout nouveau pôle sensi des Bee Djinn, BDE 2017-18. Mais le pôle sensi est très diversifié dans ses actions et limité sur ce sujet par le caractère apolitique du BDE, ce qui rend compliqué le partage de manifestations par exemple. Une asso féministe semble donc nécessaire à plusieurs étudiantes, à l’image d’autres écoles d’ingé, dont les autres centrales.

« Avancer ensemble »

Et il est intéressant d’avoir un club à part entière : « Ce n’est pas deux, trois personnes qui vont porter ces questions-là, mais vraiment un collectif, un mouvement, qui va pouvoir porter ces sujets qui nous concernent et parler de notre réalité du sexisme, qui peut être subi et banalisé. »

Par son existence, le club a aussi une portée symbolique forte. Il s’agit de « reconnaître que oui, il y a du sexisme, oui, il y a des violences. Et on est ensemble, on peut en parler ensemble, on peut faire bouger les choses ensemble. »

Le club développe un féminisme intersectionnel1.
Ouvert à toutes et tous, il permet à tous ses membres de discuter ensemble : sans qu’il n’y ait de différents majeurs, Lorène, Azélice et Philo constatent que chacun, chacune apporte sa sensibilité : « on a différentes expériences, on a aussi différents sujets qui nous tiennent à cœur. »

« On est beaucoup, donc on peut parler entre nous, avancer ensemble. Dans l’asso, il y a des gens plus ou moins informés, qui ont subi plus ou moins de violences. C’est aussi un moyen, si tu es curieux, d’apprendre des choses. »

Lorène

Et d’enchérir : « On est aussi une asso qui a des mecs, et c’est ça qui est hyper intéressant : ils nous apportent un autre regard, une autre expérience. » Car l’association a décidé de ne pas être en non-mixité2, pour justement pouvoir parler avec les hommes qui font parti, aussi, de Centrale : « on les voit tous les jours, on est ami·e avec eux, on n’est pas là pour ne pas leur parler. »
Revenant sur le débat autour de l’utilisation ou non de l’écriture inclusive pour le logo de l’AECN, elles analysent le débat houleux et le vote final comme l’expression d’une majorité d’hommes (de fait, les hommes sont majoritaires à Centrale et donc majoritaires dans les votes de l’AECN, par exemple) moins renseignés, moins sensibilisés. Or, « c’est toujours plus facile pour nous [en tant que femmes] d’être renseignées et de se sentir concernées. »

Au delà de ce partage de regard, l’un des objectifs de l’association est de réaliser de la pédagogie à destination de tous les étudiants et étudiantes de Centrale. Les sujets sont variés : cela va du lourd sujet des violences sexistes et sexuelles, à propos desquelles le club a lancé un appel à témoignages, à des questions plus légères, mais tout aussi importantes : les raisons derrière la parité ou les quotas, la place des femmes dans le monde de l’ingénierie, l’inégalité salariale, les règles…
L’envie est de faire de ces moments de pédagogie des événements festifs : Centr’elles pense mettre en place des café-débats, si possible sous forme d’apéro (le covid, vous connaissez la chanson). La première invitée pourrait être Coline Briquet.

Coline Briquet : diplômée entre autres d’un DIU Etudes sur le genre, sciences de l’éducation, psychologie et sociologie, travaillant depuis 10 ans dans l’enseignement supérieur et la recherche dont plusieurs années à l’école Polytechnique, elle a publié un article dans les Cahiers du genre 2019/1 (n°66) : De la banalisation des violences de genre en école d’ingénieur·e·s.

Le mot d’ordre : accessibilité.

C’est pourquoi le club a l’ambition de retranscrire ces cafés-débat sous forme de podcast de quelques minutes. D’autres formats verront également le jour : plus visuels, ils aborderont en quelques lignes un sujet clé. L’association se monte aussi petit à petit en réseau avec d’autres assos féministes d’écoles d’ingé, avec l’objectif d’organiser des événements ensemble.

Par ailleurs, Centr’elles a lancé une enquête de recueil de témoignages des violences sexistes et sexuelles. Le premier objectif de cette enquête est d’avoir des témoignages tangibles de l’existence de ces violences à Centrale et de les porter auprès de l’administration afin de travailler avec elle sur le sujet, « la pousser à agir et à respecter ses obligations. »
L’association souhaite également mettre en place un pôle d’écoute et d’accompagnement des victimes. Pour cela, ses membres vont se former entre eux et avec l’infirmière, qui a malheureusement déjà eu l’occasion d’accompagner des victimes d’agressions et de viols.

Vous pouvez retrouver (et contacter) Centr’elles sur leur page facebook Elle Sonla, et dans quelques mois sur instagram !

L’appel à témoignages est encore au cours : l’association vous encourage à le remplir ici si vous ne l’avez pas encore fait !

Quelques mots de vocabulaire

1 Féminisme intersectionnel : Créé par Kimberlé Crenshaw en 1991, le terme désigne la situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de domination ou de discrimination dans une société.

Les Glorieuses

2 Non-mixité : Dans les années 1970, la non-mixité est devenue une forme de militantisme, caractéristique de certains mouvements féministes, ou encore des mouvements antiracistes ou LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres). Dans cette perspective, il s’agit de réserver ponctuellement des espaces de réunion et de parole à des groupes perçus comme opprimés, en excluant des personnes considérées comme appartenant à un groupe de « dominants », voire d’« oppresseurs ».

Le Monde

Les membres de Centr’elles :

  • Clémence Pinot
  • Lucie Hervé
  • Presque Bleuenn
  • Natacha Gougeon
  • Paul Zoppi
  • Nina Delette
  • Juliette Rigaud
  • Zoé Cord’homme
  • Philo Ligouy
  • Solène Boivent
  • Kass Gaillard
  • Lucille Stf
  • Victor Koltalo
  • Danaé Dlc
  • Mona Cerf’Lock Rysak
  • Julie Pasquier
  • Lorène Morenval
  • Azélice Ludot

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