Challenge Clean-up Numérique

© Département Développement Durable – École Centrale Nantes

La semaine dernière, le département du Développement Durable de l’école a lancé le challenge Clean-Up Numérique, pour inciter les étudiant⋅e⋅s à faire le ménage dans leur vie numérique. Pourquoi, comment ? Le numérique pollue-t-il vraiment tant que ça ? L’ECNiouzes revient pour vous sur les causes et les effets de cette pollution qui n’a rien de virtuelle.

Le numérique aujourd’hui

D’abord, commençons par détruire un mythe : le virtuel n’existe pas. Tout ce qu’on nomme cloud, stockage en ligne, etc.. est en fait une série de fichiers stockés sur des serveurs, des ordinateurs dont le seul but est de stocker des fichiers pour les transmettre à des clients (typiquement votre ordinateur ou votre portable). Ces fichiers peuvent d’ailleurs être de nature très diverses : vos documents stockés sur Google Drive, vos mails, les vidéos sur Youtube, les sites web que vous visitez, vos photos postées sur Facebook, mais aussi tous vos messages de Messenger par exemple.

Le problème de cette habitude du stockage en ligne, c’est qu’on utilise de plus en plus de serveurs pour stocker toutes ces données. Et un serveur pollue. Beaucoup même. En effet, ils doivent tourner en permanence pour que les fichiers restent accessibles, et être sans cesse refroidis avec des systèmes de ventilation assez énergivores pour éviter la surchauffe. Notons toutefois que certaines entreprises essaient de limiter leur consommation, par exemple en plaçant les serveurs dans des territoires très froids au nord, ou au fond de l’océan (encore au stade de prototype). À cela il faut bien sûr rajouter les infrastructures réseaux (antennes, etc…) qui consomment aussi pas mal.

Tout ce trafic lié à internet représente à lui seul 53 % de la pollution numérique. Les 47 % restants sont liés aux équipements : pour faire un simple ordinateur portable, c’est déjà 600 kg de matière première qu’il faut extraire ; on voit donc que les chiffres peuvent monter assez vite !

Au final, le secteur du numérique représente 4 % des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale : c’est deux fois plus que le secteur aéronautique, et ce chiffre risque fort de croître très rapidement dans les prochaines année.

Infographie sur notre consommation numérique – © ADEME

Une société hyper-moderne ?

Face à un tel constat, on peut être tenté de boycotter les nouvelles technologies pour réduire son empreinte carbone, d’autant plus que ces dernières ont souvent mauvaise presse. En dehors de la pollution qu’il engendre, le numérique a aussi tendance à prendre une part trop importante dans nos vies et à nous isoler : pourquoi sortir quand j’ai accès à tout depuis chez moi ?

Que l’on soit pour ou contre, force est de constater que nous sommes aujourd’hui à un tournant de l’histoire humaine : si Mme Bossard était là, on pourrait même parler d’une entrée dans l’ère de l’hyper-modernité. Relativisons néanmoins ce constat : dans la dernière partie de La Démocratie en Amérique, Tocqueville nous avait déjà mis en garde contre l’individualisation de la société. Ainsi, si ce phénomène n’est pas récent et est un problème inhérent à la démocratie, le numérique a tout du moins participé à accélérer cette tendance.

Mais alors peut-on et devrait-on se défaire totalement du numérique ? Car si la place qu’il occupe dans nos vies aujourd’hui est importante, c’est aussi et avant tout pour les bénéfices qu’il apporte : gain de temps, simplification des démarches, maintien du contact à distance, réduction de consommation des ressources (papiers, …). Rien qu’à Centrale, personne n’imagine un instant revenir à un emploi du temps papier à la place d’Onboard : les ressources nécessaires pour imprimer seraient monstrueuses au regard de l’utilité. (Notons quand même que des emplois du temps papiers seraient plus rapides à consulter qu’Onboard 😁). Le numérique est donc un outil indispensable dans notre monde actuel, et il est même quasi-impossible de s’en passer.

Consommer moins, consommer mieux

La solution à notre dilemme pourrait résider dans la modération : certes, utilisons les nouvelles technologies, mais avec parcimonie et prudence. Tels les petits gestes du quotidien, il existe donc une foule de petits trucs et astuces faciles à mettre en œuvre pour réduire son empreinte carbone virtuelle (mais réelle !).

Messageries

  • Pour les conversations à 2, préférez l’utilisation des SMS plutôt que les services de messagerie en ligne. L’avantage direct est que vos messages seront stockés uniquement sur vos téléphones respectifs, et non sur des serveurs décentralisés.
  • Pour les services de messageries en ligne, évitez l’envoi de pièces jointes lourdes, comme des photos, des vidéos, ou des documents. La facilité d’envoi peut être tentante, mais la plupart des messageries (comme Messenger par exemple) stockent vos messages et pièces jointes ad vitam eternam, démultipliant ainsi leur pollution. Privilégiez donc un service de stockage de document externe, comme Google Drive, OneDrive, ou Dropbox par exemple, où vous pourrez supprimer le fichier une fois qu’il a été téléchargé. Mentionnons aussi WeTransfer, beaucoup plus respectueux des données et parfait pour l’envoi de pièces jointes assez lourdes.

Stockage en ligne

  • Concernant l’utilisation des services de stockages en ligne (OneDrive, Google Drive, Dropbox, etc…), limitez-vous au partage de document : les sauvegardes de vos dernières photos de vacances n’ont rien à faire dessus, non seulement elles polluent en prenant de l’espace, mais en plus vous n’êtes pas assurés de la sécurité de la sauvegarde (on se souvient des serveurs OVH partis en fumée à Strasbourg en mars dernier, faisant perdre énormément de données à plusieurs entreprises). Si vous tenez à sauvegarder vos fichiers, préférez un stockage sur disque externe (voire 2 si vous voulez vraiment être sûrs) que vous stockerez dans un endroit différent de votre PC chez vous.

Streaming et Vidéos

  • Règle n°1 : ne streamez pas, téléchargez ! Vous consommerez beaucoup moins de bande passante et réduirez ainsi votre impact carbone. (Et si jamais vous utilisez des sites non-légaux, sachez que les deux méthodes sont toutes aussi illégales si vous n’avez pas acheté le droit de visionner le film ou la série, et sont toutes les deux facilement détectables par la HADOPI. 😉 )
  • Règle n°2 : privilégiez la basse qualité ! Pour la plupart des films et séries, le 720p est déjà largement suffisant, et, à moins que vous ne possédiez un écran de cinéma géant, vous ne verrez pas de différence au-delà de 1080p. Pour des vidéos où l’image a peut d’intérêt, vous pouvez même baisser la qualité au minimum.

Les mails

  • Doit-on dire mail, e-mail, mél, ou courriel ? Peu importe le nom, le problème reste le même : ceux-ci ont une fâcheuse tendance à s’accumuler dans nos boîtes de réception… Pensez à faire du tri ! Pour les messages redondants, vous pouvez utiliser un outil comme CleanFox pour vous aider. Et si vous souhaitez conserver certaines messages, pensez à les archiver en local sur votre propre ordinateur plutôt qu’en ligne (vous pouvez utiliser Thunderbird pour ce faire par exemple).

Bref, tous ces conseils ne sont qu’un petit aperçu de ce qu’il est possible de faire pour surfer responsable ! Si vous voulez découvrir d’autres conseils pratiques plus détaillés, je vous invite à aller voir le petit guide réalisé par l’ADEME, l’agence nationale de la transition écologique. Les donnés chiffrées citées dans cet article en sont issues.

Alors, motivé⋅e ? Si d’habitude vous avez la flemme de faire le ménage dans votre vie numérique, c’est le moment ! Participez au challenge Clean-Up numérique, et améliorez votre vie et celle de la planète 😍🌍

Hydrielax

Hydrielax

Créateur du site web, il est pourtant le contributeur le moins actif du site. C'est aussi un piètre écrivain qui raconte souvent n'importe quoi, mais vu que la rédac' manque de journaliste, il n'a toujours pas été viré...
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments